De l'age de pierre à l'age de
bronze
Il y a tout lieu de penser, ainsi que l’attestent les nombreux
outils de silex souvent découverts par les agriculteurs au cours de
leurs travaux que Saint Martin était habité dès l’époque
préhistorique. Ces outils, (hache, pointes de flèches, percuteurs)
datant des époques de la pierre taillée et de la pierre polie sont
très rudimentaires.
S’il est possible d’imaginer que ces découvertes, visibles au Musée
de Guiry en Vexin, et à la mairie du village, aient pu être perdues
par des chasseurs, il n’en est pas de même pour ce qui est des
outils qui étaient fort difficile de déplacer.
La Société Préhistorique
Française a publié en 1988 le descriptif d’une meule dormante
découverte 30 ans plus tôt à Sandrancourt à laquelle a été donné le
nom géologique de meule de Saint Martin la Garenne. Ses dimensions
sont d’environ 50 cm de long sur 35 cm de large pour une épaisseur
d’une trentaine de cm. Cette pierre est exposée au musée de
Guiry.
Bruno RENOULT, historien, a
récemment découvert, sur l’Ile de Saint Martin, un outil identique
authentifié par un archéologue qualifié.
Par ailleurs, la tradition populaire rapporte qu’au lieu-dit la
Désirée ont été identifiés des abris sous roche présentant une
sorte de foyer, vestiges de demeures anciennes.
L’âge de bronze et l’époque
gallo-romaine nous ont également laissé des vestiges : nombreux
fragments de tuiles romaines, de couvre-joints et de poteries,
visibles à la mairie au même titre que la copie d’une épingle de
bronze. Cette dernière a été trouvée en bord de Seine et étudiée
par les deux personnalités précitées.
Du Moyen Age à nos jours
La découverte d’une quarantaine de sarcophages dans une nécropole
qui jouxtait l’ancienne église paroissiale (1892) mais aussi de
tombeaux épars montre que l’homme a toujours vécu à Saint Martin et
ses nombreux hameaux.
En effet, si Sancti Martini de Varenna (ou Sanctus Martinus in
Garenna) désignait non seulement un édifice, mais également une
paroisse, ce lieu était entouré de plusieurs écarts, dont l’un
semble avoir eu une très grande importance : Herville, seigneurie
particulière dont le premier représentant connu fut Raoul
d’Herville, et à côté de celui-ci, Le Coudray.
Toujours sur les hauteurs, se situait La Désirée dont la chapelle
était un lieu de pèlerinage fort prisé.
Ce hameau est réduit aujourd’hui à l’état de ruines, mais sa
dernière habitante n'est décédée qu'au début du vingtième
siècle.
Sur les rives de la Seine étaient installés les écarts : Villes de
Cléry, Sandrancourt et La Ville Neuve.
Cet emplacement correspond à la seigneurie de Bas-Saint-Martin,
détruite par un incendie. Il est vraisemblable que sa
reconstruction donna lieu a l’appellation actuelle :
Villeneuve.
Dans la seigneurie de Sandrancourt, ancien fief de la famille de
Lorsgillent s’élevait et s’élève toujours la Chapelle Sainte Anne.
Sa cloche était mise en branle pendant les orages et on sonnait à
toute volée. Une légende rapporte qu’une voix dans les nues disait
« pousse, pousse », mais il lui était aussitôt répondu « Je n’peux
pas, Anne sonne ».
La tradition populaire introduit une autre fable, liée cette fois
ci à La Désirée. Le roi Charles V, égaré dans la forêt royale
d’Arthies, avait aperçu le clocher de Saint Martin après avoir
invoqué la Vierge. En remerciement, il fit édifier en 1376 une
chapelle détruite en 1793. Une statue provenant de cet édifice,
connue sous le nom de Notre Dame la Désirée est visible dans
l’église de Saint Martin.
En 1081, Hilduin, Vicomte de Mantes et son fils Guillaume, donnait
l’église et les terres qui l’entouraient aux moines de l’abbaye du
Bec Helluin, donation confirmée par le roi et le pape Caliste II.
Cet endroit devenait alors un prieuré bénédictin qui, à la
révolution fut vendu comme bien national.
Le prieuré ne semblait pas posséder de cloître. Il était composé de
divers bâtiments dans lesquels les moines et le prieur recevaient
les voyageurs et les pauvres. La chapelle du Prieuré, dite « Eglise
aux moines » avait été construite dans le prolongement de l’église.
Elle a été inscrite à l’inventaire des Monuments Historiques en
1937 ; elle est aujourd’hui privée.
Les anciens bâtiments conventuels ont été remaniés par leurs
propriétaires successifs. Ils permettent néanmoins de pouvoir
apprécier certaines figures architecturales. Il est également
intéressant de signaler l’existence d’immenses caves, très hautes,
d’une superficie identique à celle des bâtiments visibles en
surface.
L’église de Saint Martin a subi
de nombreuses modifications. Gravure d’époque à l’appui, il est
démontré qu’elle était surmontée d’une flèche de pierre, gracieuse
et élancée qui disparut, frappée par la foudre.
La partie la plus ancienne est de construction romane
L'Eglise priorale comprenait au 12e siècle le choeur (réservé aux
moines) et le clocher et, pour les fidèles, une vaste nef doublée
au sud d'un unique bas-côté.
Selon un vieux plan figuratif dressé en 1557, l'ensemble était
d'importance pour un petit village. A la Révolution, les deux
travées du choeur ont été vendues comme Bien National mais figurent
actuellement à l'inventaire (I.S.M.H.).
Une restauration de 1998 à 2002 a permis de redonner un certain
lustre à notre église du 12ème siècle, même si elle a été modifiée
!
La paroisse de Saint Martin incluait, hors ses écarts, Dennemont et
Guernes, ce qui drainait un grand nombre de fidèles et rendait
l’édifice, malgré sa taille assez imposante, trop petit aux yeux de
clergé. Un procès-verbal établi par le doyen de Magny en 1686,
précisait : « église en grand désordre tant à cause des ruines que
de sa petitesse ; deux mille communiants ».
En 1657, François de La Rochefoucauld, de la Roche Guyon devenait
seigneur de Saint Martin et, en 1721, seigneur d’Herville.
Sur les armoiries de la Commune de Saint Martin, l’écu est
semé de billettes d’or, petites pièces rectangulaires, couchées,
sur un fond « de gueule », autrement dit rouge.
Les armes des nobles de rang élevé sont facilement identifiables.
Il en est tout autre des gens de petite noblesse ou de ceux qui
appartenaient à une petite hiérarchie féodale. Néanmoins
différentes traces indiquent que les armoiries connues de Saint
Martin correspondent à celles de la famille de Ver. L’un de ses
membres, pouvant être identifié comme le Sieur de Saint Martin,
figurait au nombre des croisés qui accompagnaient Godefroy de
Bouillon dans sa lutte contre les Infidèles.
Si certains noms de lieux-dits, antérieurs au début du XXème
siècle, « Le champ de bataille » à Sandrancourt, « Les ruines » à
la Désirée, peuvent laisser supposer que d’âpres combats ont pu se
dérouler lors des multiples invasions qui ont vu les brigands
remonter la Seine, il n’existe, en ce domaine des invasions, aucune
trace. Il serait toutefois étonnant que tous les vikings, normands
et autres Goths aient pu parvenir au cœur du pays Franc, sans avoir
apporté leur lot de destruction aux pays traversés.
Cette supposition est corroborée par les évènements qui ont émaillé
la Seconde Guerre Mondiale dans notre secteur.
L'histoire contemporaine
Le 20 août 1944 la présence des
américains était remarquée à Saint Martin. Les fantassins
occupaient « Les Criquets », puis venaient les camions légers qui
n’avançaient guère plus vite que les hommes à pied.
Pendant plus d’une semaine le bois du Chesnay a servi de base
arrière du 313ème Régiment U.S., soit près de 2000 hommes qui
s’étaient installés à couvert des arbres, tenant ainsi une ligne du
front face aux positions allemandes.
Parallèlement, les batteries aériennes installées autour de
Sandrancourt ont du faire face à une véritable bataille aérienne
sur la Seine où plusieurs avions ennemis ont été abattus.
Ces lieux aujourd’hui fréquentés par les randonneurs gardent la
trace de cette époque : sur certains arbres, on retrouve encore,
gravés sur le tronc des arbres, les noms et les états d’origine des
soldats qui séjournèrent là, ainsi qu’un emplacement utilisé par
l’aviation allemande comme zone d’essai de bombardements.
A Sandrancourt, certains anciens se souviennent encore des
descentes aux abris.
Tous les évènements qui ont marqué cette époque sont consignés dans
l’ouvrage de l’historien Bruno RENOULT, « La tête de pont de Mantes, la bataille
du Vexin ».
Egalement disponible le film "YVELINES NORD 1944 : LIBERTÉ",
chronique de la libération dans le Mantois et le Vexin français
Août 1944 de Jean-François Seren-Rosso et Fred Di Noto,
réalisateurs ; commantaires de Bruno Renoult, conseiller
historique.